Pont BACALAN-BASTIDE
Un débat s’est ouvert autour du nom à donner au pont Bacalan-Bastide.
Pour notre part, c’est justement le nom actuel, « Bacalan-Bastide », qui a notre préférence.
En effet, « Bacalan-Bastide » désigne tout à fait la vocation urbaine du nouveau pont qui reliera deux des quartiers populaires de Bordeaux ainsi que les deux rives tout aussi populaires de notre agglomération.
C’est d’ailleurs pour affirmer cette vocation que nous n’avons de cesse d’exiger qu’un tram-train le traverse, reliant ainsi la gare de Cenon à celle de St Louis (…)
extrait de la déclaration signée par Max GUICHARD, président du groupe PCF à la CUB et moi-même pour celui de la ville de Bordeaux.
Ginko: l’éco-quartier devient-il un catho-quartier ?
Alors que parents d’élèves, élus et enseignants se mobilisent pour l’école publique et pour le maintien des RASED, Alain Juppé veut ouvrir un 12ème collège privé dans une ville qui ne compte que 13 collèges publics.
J’ai dénoncé l’imposture et au CDEN de l’Education Nationale et en Conseil de CUB le 17 février.
Voici mon intervention à la CUB:
Il y a beaucoup de choses à dire sur la ZAC Ginko, sur le fond comme sur la forme. Sur la forme, je regrette l’opacité, pour ne pas dire l’omerta qui préside à l’évolution du programm d’année en année. Il a en effet fallu que j’insiste lourdement en commission Urbanisme pour que le représentant de Bouygues Immobilier, aménageur de la ZAC GINKO, reconnaisse l’existence d’un projet de collège privé et d’église. Au grand étonnement de tous les membres de la commission, y compris de ses présidents.
A ce sujet, je trouve surprenant notre légèreté dans un dossier si lourd de sens pour l’avenir de l’offre scolaire sur la CUB. Notre ZAC va favoriser la construction du 12ème collège privé de la ville de Bordeaux alors qu’elle ne comporte que 13 collèges publics. Je rappelle que l’enseignement privé scolarise 20% des élèves. A l’heure où l’école publique n’a jamais été autant fragilisée pour les suppressions de postes d’enseignants, nous considérons indécent ce cadeau de Bouygues, de la ville de Bordeaux, de la CUB et du recteur d’académie à l’enseignement catholique. Je vous informe d’ailleurs que ce fut le sens de mon intervention ce matin au conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN) suivi d’une motion votée à l’unanimité des élus, parents d’élèves et syndicats dénonçant ce projet.
Enfin, permettez-moi de m’interroger sur le sens donné à ce nouveau quartier revendiqué comme emblématique par le maire de Bordeaux : un collège privé, une église,… et le bruit a couru ce matin qu’une école privée serait en projet en 2ème phase. J’ai beaucoup de respect pour les catholiques ,j’ai d’ailleurs proposé en Conseil municipal que la pelouse de la sculpture de la Paix en bord de lac,soit baptisée du nom de mon ami Bernard Pauc, traminot syndicaliste, prêtre-ouvrier ayant résidé et officié dans la cité des Aubiers entre les années 1980 et 2000. Mais, otez-moi d’un doute : ne sommes-nous pas en train d’assister au transfert de label d’éco-quartier vers« catho-quartier » ?
Sur le fond, deux critiques en lien avec le débat général sur le logement. La ZAC de GINKO ne comporte que 0,5% de logements très sociaux (PLAI) et 23% de logements sociaux (PLUS) dont 2% sont des reconstructions pour près de 50% d’accession libre. Pour la petite histoire, ces derniers ont une vue sur le Lac quand la plupart des logements sociaux ontvue sur Auchan-Lac ! Puisque les programmes sont susceptibles d’évoluer et que le foncier commercial sur cette ZAC n’atteint pas ses ambitions initiales, nous proposons que sur cette ZAC (comme sur toutes celles en réalisation ou en projet) des parcelles soient mises à disposition pour accueillir des structures d’urgence et d’aide à l’insertion (emploi, hébergement d’urgence, soins, formation,…).
L’école publique pleure et le privé sourit…
COMMUNIQUE DE PRESSE
L’enseignement privé prend ses quartiers à Ginko au Lac !
En ce jour de mobilisation des personnels contre les fermetures de postes annoncées dans les écoles et collèges publics du département, je viens d’apprendre * que l’aménageur Bouygues revend deux parcelles au diocèse catholique pour la construction d’un collège privé et d’une église.
Lorsque j’avais dénoncé la rumeur, il y a près d’un an, à la suite d’un Conseil de quartier où les élus d’Alain Juppé avaient annoncé le projet de collège privé, CUB et Conseil général avait démenti !
Quelque temps après, j’exprimais ma crainte que le choix de Bruges, au lieu de Ginko, pour la construction du collège public sur les berges du lac en cours d’urbanisation, serve de prétexte et ouvre la porte à une opération privée sur la ZAC Ginko.
C’est le cas ! J’avais raison !
Où a eu lieu le débat présidant au choix ? Dans ZAC, le C signifie pourtant « concerté ». Par qui ? Avec qui ? Pourquoi les élus Mairie et CUB ont-ils été ignorés ?
Ce matin, en commission urbanisme de la CUB, face à ma réprobation, élus de Droite et PS, semblaient découvrir ces projets diocésiens. En quoi Bouygues est-il plus fondé à définir les priorités d’intérêt général que la représentation démocratiquement élue, redevable des choix de consommation de l’espace public ?
Quel crédit et sérieux accorder à certains projets bordelais concoctés par de « petits arrangements entre amis » au sein des cabinets de Messieurs Juppé et Feltesse ?
Sur le fond:
Au moment où l’Etat se vante de réduire la dépense publique en supprimant des emplois dans l’Education nationale, il est indécent d’afficher une telle promotion de l’enseignement privé.
L’enseignement catholique a -t-il besoin des faveurs d’une ZAC quand il est largement surreprésenté à Bordeaux et dont les crédits municipaux ne cessent d’augmenter depuis 10 ans ? Au moment où la laïcité est fragilisée par des prises de positions inquiétantes en France, comme en Europe, doit-on promouvoir un lieu d’enseignement catholique ?
Et puis, une église est-elle nécessaire dans cette ZAC, quand existe déjà une grande chapelle dans la cité des Aubiers et que beaucoup conviennent qu’il faut « mutualiser » les équipements et favoriser le lien social entre l’ancien et le nouveau quartier ?
Aussi, je demande le gel de ces deux projets:
- afin de prendre le temps de mesurer leur portée d’intérêt général
- afin de définir les modes de concertations adaptés (élus et population).
Vincent Maurin
Conseiller municipal et CUB
groupe communiste
* je participais ce matin à la Commission urbanisme de la CUB où était présenté un bilan de la ZAC Ginko en vue du conseil de CUB du 17 février.
Fleuve, port, ville… Bordeaux hors sujet !
J’ai participé aux rencontres bordelaises de l’AIVP les 13 et 14 octobre…

Bordeaux accueillait une des Rencontres annuelles du réseau mondial des villes portuaires (AIVP). Le thème était « fleuve, port, ville : le défi de la modernité ».
Des exposés et échanges d’expériences ont montré combien les grandes villes européennes se préoccupaient d’allier développement économique et développement durable, au cœur même des agglomérations. Bruxelles et Paris ont notamment décrit leurs projets pour faire de la voie d’eau un vecteur nouveau de « distribution urbaine ». Fiabilité, sécurité, respect de l’environnement, coûts réduits… le transport fluvial de fret est innovant. Il est d’ailleurs un axe du Livre blanc de la commission européenne transports de mars 2011. Des villes et ports sont très en avance. On a parlé d’Utrecht qui utilise des bateaux électriques pour le transport de marchandises multi-usages. De Liège, avec le projet sur fleuve- rail- route de « trilogiport » sur 100 ha. Du port de Tolbiac à Paris, réorganisé pour les infrastructures industrielles et ouvert à 50% aux promeneurs hors horaires de trafic. On a évoqué le rôle unique de la voie d’eau pour le transport de matériaux de construction en cœur d’agglomérations : un « convoi fluvial poussé » équivaut à 150 camions !
Et Bordeaux dans tout ça ?
Les représentants bordelais et CUB étaient bien là le 13 octobre…
C’est l’adjoint au Maire chargé du tourisme qui ouvrait la rencontre et c’est le vice-pdt de la CUB chargé des relations internationales qui la clôturait… une représentation locale institutionnelle bien représentative de l’absence de visée (ou d’intérêt ?) des décideurs vis-à-vis des enjeux portuaires. Dans les autres agglomérations et régions, ce sont plutôt les élus responsables des transports ou de l’économie qui siègent à l’AIVP !
Aussi, mis à part l’intervention d’un chef de projet CUB interrogeant la problématique de la desserte fluviale des sites de projets urbains (Euratlantique, Bastide, Bassins à flot) en matériaux de construction (plusieurs dizaines de millions de tonnes d’ici 2030), ou des représentants du Gd Port Maritime de Bx valorisant le rôle prochain du nouveau terminal de Grattequina situé à Blanquefort (pour transport de granulats et pales d’éoliennes), les autres prestations bordelaises et CUB ont consisté à légitimer la seule préoccupation urbanistique et touristique du Bx 2030.
Comme si l’angélique de l’estuaire et le Centre culturel et touristique du vin pouvaient incarner les retrouvailles de Bordeaux et son fleuve !
Projeter l’agglomération dans le cercle innovant des grandes villes européennes impose une toute autre ambition pour le fleuve : transport de marchandises et de déchets par barges, navettes fluviales électriques, aménagement de quais de déchargements de marchandises rail-route (ou entrepôts flottants), réparation navale dans les formes de radoub…
Autre chose qu’un regard figé et muséal sur la ville.
Autre chose qu’une courte vue évènementielle.
Autre chose qu’un bradage de l’espace public portuaire en faveur de promoteurs immobiliers surtout pas philanthropes…
Autre chose qu’une copie hors sujet.



